>>Légumineuses (fabacées).

9 juillet 2021
Cooperaction.org 

Yves GILLE - M'écrire

Le livre "Les légumineuses pour des systèmes agricoles et alimentaires durables" (469 pages. Édition 2015) présente une étude très approfondie du fonctionnement biologique et de la place des légumineuses. C’est une mine d’informations dont nous nous sommes très largement inspiré ci-dessous.
Malheureusement cet ouvrage s’intéresse essentiellement à la culture en France.

De nombreuses légumineuses, en particulier celles cultivées (soja, haricots, pois, pois chiche, arachide, lentille, luzerne, différents trèfles, fèves...) - et apparemment elles seules - ont la capacité de fixer, par un mécanisme symbiotique complexe, l’azote de l’air et de le transférer et conserver dans ses parties aériennes (feuilles, graines) et souterraines (moyenne (variable selon les espèces) de 30 % de l’azote fixé en comptant azote des racines et rhizodéposition [1]). Ceci est très précieux dans des régions où un enrichissement du sol par des engrais artificiel azotés ou par des excréments animaux n’est peu ou pas possible pour des raisons économiques, de pauvreté du cheptel, d’organisation de l’agriculture (divagation permanente par absence d’écuries).

Les légumineuses sont donc très intéressantes pour la nutrition de populations à l’alimentation pauvre en protéines, l’alimentation du bétail, et pour enrichir les sols en y laissant le système racinaire (d’où un moindre intérêt des arachides de ce point de vue puisque récoltées par arrachage [2]).
Les protéines des graines de légumineuses contiennent tous les acides aminés indispensables. Elles sont riches en lysine et donc très complémentaires des céréales et des graines d’oléagineux. Cependant, la pauvreté en acides aminés soufrés, tels que la méthionine, doit être corrigée par quelques apports animaux (poisson, viande, laitages).

La fixation biologique de l’azote est un processus métabolique exclusivement réalisé par les organismes procaryotes [3] : certaines bactéries et cyanobactéries libres dans le sol ou l’eau, et les bactéries symbiotiques des légumineuses. Elles captent l’azote (N2) gazeux aérien et le transforme en ammoniac (NH4) assimilable par le plantes.

La teneur en protéines des graines va de 23 % (pois) à 42 % (soja) de la matière sèche. En comparaison elle est de 10 % à 15 % pour les céréales comme le blé mais seulement s’il est bien fertilisées en azote.

En France, parmi les légumineuses à graines, le pois, le pois chiche, la lentille et le soja ont des taux de fixation moyens d’azote de l’ordre de 60-70 % de leurs besoins mais celui-ci varie en fonction des concentrations d’azote (NH4) disponible dans le sol. Le haricot se distingue par des taux de fixation moyens plus faibles (autour de 40 %) et la féverole et le lupin par des taux moyens plus élevés (autour de 75 %). Les légumineuses fourragères (trèfle, luzerne...) présentent des taux de fixation moyens encore plus élevés, autour de 90 %. La réussite de la fixation est par ailleurs conditionnée à la présence de bactéries symbiotiques efficientes dans le sol. Ainsi, alors que les cultures de légumineuses d’origine tropicale (soja) nécessitent une inoculation au semis, le pois, la féverole, le lupin et les légumineuses fourragères trouvent en général dans les sols français des souches indigènes de bactéries qui leur sont adaptées. Toutefois, pour d’autres espèces (lupin, luzerne), une inoculation peut s’avérer bénéfique dans certaines conditions de pH ou sur des parcelles n’ayant pas hébergé ces cultures depuis longtemps.

À de rares exceptions près comme la culture de haricots, il n’est pas nécessaire de fertiliser les cultures de légumineuses (pois protéagineux, féverole, lupin, lentille, luzerne, trèfle, soja, etc.).

De nombreuses variétés de légumineuses sont cultivées en Afrique et sont particulièrement répandus (donc bien maitrisées par de nombreux cultivateurs). En particulier, outre l’arachide :
- les haricots niébés (Vigna unguiculata subsp. unguiculata). Ils sont annuels. Il en existe un certain nombre de variétés.
Les gousses vertes sont utilisables en septembre, période de soudure [4]. La vente des gousses apporte des revenus monétaires. Les gousses sèches des variétés tardives sont récoltées à partir d’octobre.
- Les pois ailé (Psophocarpas tetragonolobus). Ils contiennent environ 35 pour cent de protéines, donc beaucoup plus que les pois et haricots ordinaires.
- Les pois d’Angola (Cajanus cajan ou Cajanus indicus), plutôt cultivés en Afrique de l’est. C’est une plante vivace qui a de profondes racines et qui résiste bien à la sécheresse.


notes

[1L’azote souterrain d’une culture est celui contenu dans son système racinaire plus la "rhizodéposition" laquelle est la libération d’azote dans le sol (décomposition, excrétion...). La proportion d’azote racinaire/rhizodéposition serait de 1 pour 2 mais les mesures sont difficiles à réaliser précisément.

[2Les graines d’arachide se développent d’abord comme tous les pois puis s’enfouissent

[3Les procaryotes, par opposition aux eucaryotes, sont les organismes n’ayant pas un noyau délimité par une membrane, donc les bactéries

[4Monent où les réserves sont quasi vides et les nouvelles récoltes non encore disponibles (entre octobre et décembre)



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